Longtemps dominé par le diesel, le parc d’engins miniers africain commence à évoluer. Sous la pression des coûts énergétiques, des exigences environnementales et des objectifs ESG des majors, les engins miniers électriques et hybrides s’imposent progressivement dans le débat. Mais cette transition est-elle réellement adaptée aux réalités opérationnelles africaines ?
1. Pourquoi l’électrification des engins miniers gagne du terrain
Plusieurs facteurs expliquent l’intérêt croissant pour les engins électriques dans les mines africaines :
- Réduction des coûts de carburant, particulièrement dans les sites enclavés
- Baisse des émissions de CO₂ et conformité aux standards internationaux
- Amélioration des conditions de travail (moins de bruit, moins de chaleur, meilleure qualité de l’air)
- Pression des investisseurs et des institutions financières sur la performance ESG
Dans les mines souterraines, notamment, la réduction des besoins en ventilation représente un gain économique significatif.
2. Quels types d’engins sont concernés ?
L’électrification touche aujourd’hui plusieurs catégories d’équipements :
- Camions miniers électriques ou trolley-assist
- Chargeuses (LHD) électriques
- Foreuses électrifiées
- Engins hybrides pour mines à ciel ouvert
Ces solutions sont particulièrement testées dans les mines d’or, de cuivre, de cobalt et de métaux stratégiques.
3. Les défis spécifiques au contexte africain
Malgré leurs avantages, les engins électriques font face à des contraintes majeures :
a) Accès à l’énergie
- Réseaux électriques instables ou inexistants
- Dépendance aux groupes électrogènes
- Nécessité de solutions hybrides (solaire + stockage + diesel)
b) Maintenance et compétences
- Besoin de techniciens formés à l’électromécanique et aux batteries
- Disponibilité limitée des pièces de rechange
- Dépendance aux OEM internationaux
c) Investissement initial
- Coût d’achat plus élevé que les engins diesel
- Retour sur investissement variable selon la durée de vie du site minier
4. Opportunités pour les mines africaines
Malgré ces défis, l’Afrique dispose d’atouts spécifiques :
- Fort potentiel solaire pour alimenter les infrastructures minières
- Développement des micro-réseaux énergétiques miniers
- Accès croissant à des financements verts et climatiques
- Intégration possible avec des stratégies de décarbonation à long terme
Certaines mines pilotes en Afrique australe et centrale montrent déjà des résultats encourageants en matière de coûts opérationnels.
5. Électrique ou diesel : une transition progressive plutôt qu’un basculement
Pour la majorité des exploitations africaines, la solution la plus réaliste reste aujourd’hui :
- une hybridation des flottes,
- une électrification ciblée des zones critiques,
- et une adaptation progressive des infrastructures énergétiques.
L’électrification totale demeure un objectif de moyen à long terme.
Les engins miniers électriques ne sont ni une solution miracle ni une mode passagère. En Afrique, leur déploiement doit être contextualisé, progressif et intégré à une stratégie énergétique globale du site minier. Pour les exploitants capables d’anticiper ces mutations, ils représentent néanmoins un levier stratégique de compétitivité et de durabilité.



Comments are closed, but trackbacks and pingbacks are open.